Le succès de la télémedecine

Les fondateurs de l’entreprise HEALPHI Jean-Sébastien Gras et Tarik Mouamenia se sont fixés comme objectif d’installer des cabinets de téléconsultation clé en main dans les déserts médicaux.

Voici donc venu le concept HEALPHI pour qui a succès en Centre-Val de Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et bientôt en Provence-Alpes Côte d’Azur.

Qu’est ce que le concept HEALPHI ?

Jean-Sébastien Gras et Tarik Mouamenia ne voulaient pas se contenter de créer un énième logiciel de visioconférence entre patient et médecin. C’est plutôt pour une approche de terrain c’est-à-dire au plus près des communes désertée par les médecins. En partenariat avec un infirmier équipé d’instruments connectés le patient est ausculté en suivant les instructions d’un médecin de l’autre côté de l’écran.

Cette présence humaine permet non seulement de rassurer des personnes potentiellement méfiantes vis-à-vis de ce type de technologies mais aussi de s’assurer de la bonne utilisation des instruments. C’est aussi le moyen de se distinguer de la concurrence, d’autant plus forte depuis le remboursement de ce type de vidéo-consultations payée 25 euros et remboursée par l’Assurance maladie, comme une visite traditionnelle.

Faire face aux réticences de certains territoires et contraintes administratives

Soutenue dès 2018 par Obratori, l’incubateur de L’Occitane, l’entreprise a connu son premier succès dans le Loiret et  compte aujourd’hui dix cabinets en ces lieux. Elle noue également de bonnes relations avec l’Agence régionale de santé et le Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes. « Nous sommes présents dans le Cantal et dans le Rhône puis nous comptons nous étendre vers la Drôme et sommes en pourparlers pour la Savoie et la Haute-Savoie », expliquent les entrepreneurs qui nourrissent en parallèle des projets pour la région Provence-Alpes Côte d’Azur. « Nous avons rencontré le Conseil régional et nous devrions installer un cabinet connecté sur les îles du Frioul pour les patients qui y résident ». Un moyen de permettre au médecin qui s’y rend régulièrement de limiter ses déplacements et de consacrer un maximum de temps à ses activités médicales.

Mais si certains territoires sont demandeurs de ce genre de dispositifs, d’autres se montrent plus frileux du fait d’une innovation trop importante, d’interprétation différente des lois ou par crainte de confier un sujet aussi délicat que la santé de leurs administrés à des acteurs privés dont ils ne cernent pas toujours les intérêts.

Alors en attendant que les choses se clarifient et que les réticences s’estompent, Healphi veut concentrer ses efforts sur les territoires plus favorables tout en diversifiant son offre. A cet effet, sont mises à disposition des infirmiers des mallettes qui peuvent ainsi déclencher une téléconsultation depuis le domicile des patients. Il s’agit d’un dispositif moins coûteux et plus facile à mettre en place, rendu possible par une évolution de la législation concernant la rémunération des infirmiers. « Nous avons lancé un projet pilote avec la mairie d’Aulnay-sous-Bois », ville peu attractive pour les jeunes médecins. Une collaboration autour de cet outil est également en discussion avec SOS Médecins.

Viser toujours plus loin les patients en souffrance

Car la TPE cherche à s’adresser à de nouveaux types de clients. Elle pourrait ainsi se tourner vers les Français expatriés, par le truchement des ambassades. Le secteur privé est également dans le viseur. « Nous avons des pistes pour développer la télémédecine dans des entreprises françaises présentes à l’étranger, notamment sur des plateformes pétrolières ».

L’idée étant de proposer sa solution à de grands comptes – ce qui offrirait à Healphi une visibilité accrue – mais aussi à des PME et ETI installées en déserts médicaux.Et pour répondre à cette offre nouvelle, Healphi entend bien se structurer. Une rigueur qui doit aider l’entreprise à doubler son chiffre d’affaire, celui-ci s’élevant à 200 000 euros pour 2019, pour 3 000 patients pris en charge depuis le début de son activité.Elle peut aussi compter sur un autre volet : la formation à la télémédecine pour laquelle elle a obtenu un agrément l’année dernière, devenant ainsi le premier organisme de formation sur ce sujet. « Cela a bien démarré.

Il y a une vraie demande ». Dès le printemps, une à deux formations mensuelles devraient être proposées partout en France, assurées par des formateurs externes à l’entreprise. Un moyen de compléter une offre qui se veut clé en main mais aussi d’évangéliser les professionnels de santé… et donc de communiquer.Enfin, après la téléconsultation et la formation, l’idée est de lancer une nouvelle plateforme sur la prise de rendez-vous en ligne, un service dont Doctolib a aujourd’hui un quasi monopole. S’appuyant sur l’expérience et le réseau d’Healphi, cette petite sœur baptisée Ma Blouse blanche compte bien ’embêter’ le géant, en rebattant les cartes de la concurrence

A quand une alliance entre la prescription médicale sportive et la mise en relation directe avec un coach sportif ? Voire, la prescription de médicaments et la commande immédiate en ligne de produits pharmaceutiques sur Boticinal, ? Préserver tout à la fois une bonne santé et une belle ligne est devenu bien plus simple.

février 20th, 2020 by
  • sans évacuation